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 Mood - Eirian

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MessageSujet: Mood - Eirian   Lun 16 Oct - 23:56

MoodAria & Eirian
C'était un sale temps. Un terrible temps. Ce genre de temps où on n'avait rien à faire. Ce genre de temps où on s'ennuyait à mourir. Dans ma vie d'avant, en dehors de ces murs invisibles mais bien présents, je ne trouvais pas le temps de m'ennuyer, bien au contraire. Soit je travaillais dure et de manière assidue pour mon école, que ce soit des devoirs ou physiquement, soit je voyais des amis, ou encore Rae. Rae... Mon esprit me ramenait sans cesse à elle. J'avais en tête ce qu'elle m'avait fait, et c'était clairement impardonnable. Je n'avais eu le temps d'en parler à personne. J'avais agi telle une furie. Lors de notre dispute qui précéda la découverte de sa trahison, je lui avais tout juste laissé le temps de me répondre et de se défendre. Mais d'un côté, elle n'avait rien à défendre. Elle m'avait menti. Elle enjolivait cette jolie histoire en trouvant des excuses bidons auxquelles j'ai cru sans me poser la moindre question. Elle n'avait pas eu une once de pitié pour moi, alors j'avais décidé de ne pas en avoir pour elle. Alors que j'entendais encore sa voie déchirante me rappeler, crier mon nom, ressentir ce hurlement raisonner dans la cage d'escaliers, mon coeur se serra. J'étais partie sans me retourner. J'avais pris le chemin de Covington et j'y avais bu à outrance, goûtant aux désirs charnels avec une pures inconnues et me voilà coincée ici... A cheval entre deux vies. Je continuais de croire que je pouvais récupérer ma vie d'avant. Faire les choses proprement avec Rae, car malgré son erreur je l'aimais tellement, et achever mes études. Mais de mon point de vue, de là où j'étais, c'était tout bonnement irréalisable. Voilà comment des objectifs tout tracés se transforment en rêves enfantins...

Un jour où le ciel était gris, que l'humeur n'y était clairement pas, j'avais pris le chemin du dinner où j'y avais pris une place sur un choix hasardeux. Je me collai contre la fenêtre et lorsqu'un serveur s'approcha, je lui commandai un chocolat chaud. Une voûte céleste couverte, une luminosité tamisée par le nuages, une légère brise transperçante, tout ce temps qui correspondait parfaitement à mon humeur: morose. On m'apporta ma boisson chaude ainsi que l'addition, qu'il déposa son ma tasse. Je la pris entre mes mains, appréciant la douce chaleur qui s'en émanait. Je soufflai un peu dessus afin de le rafraîchir quelque peu, puis posai mon regard vers l'extérieur, poussant un long soupire. C'était un après-midi plus que calme, le dinner était quasiment vide. Visiblement, tout le monde préférait rester chez soi. Or, je n'en pouvais plus de rester enfermer dans cet hôtel. Et ça me contrariait de devoir payer une petite fortune pour y habiter. Mais je n'avais pas d'autres choix... Au début, je pensais que cette situation ne durerait que quelques jours. Mais ces jours devinrent des semaines, et les semaines des mois... Un nouveau soupire. Mes rêves s'étaient retournés vers moi. Je rêvais d'attraper les malfrats et de les mettre sous les verrous mais en cet instant, c'était moi qui était enfermée. Emprisonnée. Ici, je suffoquais...
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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Mar 17 Oct - 0:22





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Je me forçais à sortir, car ma wi-fi m'avait lâchée et que j'avais à tout prix besoin de terminer ce rapport. Je ne me sentais pas très anxieuse, ce qui était un problème dans les situations où l'adrénaline pouvait nous booster. L'ordinateur en main, je voyais la silhouette du dinner se dessiner à l'autre bout de la rue. On y allait souvent, avec Ceb. En fait, au lycée, il n'était pas rare de voir des jeunes traîner ici. Aujourd'hui, les jeunes préféraient traîner dans la rue, mais nous, à l'époque, on adorait ce lieu. On commandait des milkshakes et on passait des heures à discuter, à jouer à la vieille arcade, ou à danser sur une vieille musique. Je n'aimais venir ici que lorsque j'étais avec Ceb, car lorsqu'il était là je parvenais à me concentrer sur la force de ses émotions et à ignorer celles des autres. Malgré la mort qui le suivait, Ceb était toujours plus ou moins optimiste. Il avait une joie de vivre que je n'avais jamais compris, mais au moins je me sentais bien avec lui. C'était la seule personne autre que mes parents avec qui j'avais pu vivre sans problème émotionnel. Et encore... mes parents, c'était  une sacrée histoire...

Je poussai la porte du dinner. De la musique résonnait tranquillement, sans pour autant agresser l'ouïe des clients. Il n'y avait pas grand monde, mais les quelques personnes présentes me paraissaient tout de même un peu étranges. Je voulais toujours éviter de les observer trop longtemps, de m'approcher trop près, mais j'avais aussi cette curiosité, quand je voyais que quelque chose n'allait pas chez quelqu'un, ou qu'au contraire je ressentais un excès de joie. Une émotion, ça vous prend, sans que vous sachiez pourquoi, et sans la bonne dose de médicaments je me laissais toujours emporter. Ce matin, j'avais pris un demi-cachet au lieu de deux comprimés. Je craignais le moment où je n'aurais plus rien. Il me faudrait affronter mon problème, ou ne plus sortir de chez moi.

Je commandai un milshake saveur vanille et discutai un peu avec la serveuse. Elle me voyait souvent, et j'avais déjà eu l'occasion d'aider un client allergique à un produit non signalé par le dinner, alors forcément, ayant sauvé le job de cette serveuse, elle restait toujours polie avec moi, même si je doutais qu'elle tienne son emploi encore longtemps. Par les temps qui couraient, on voulait éviter les catastrophes. Chaque lacune résonnait dans la ville comme un écho dans un canyon. Elle me servit mon milkshake et je pris fermement ma pochette protégeant mon ordinateur d'un bras pour pouvoir porter le grand verre de l'autre. Je traversai la salle et ne pus m'empêcher de lancer un coup d'oeil sur la quinquagénaire d'apparence assise à une table, téléphone en main. Elle le fixait, comme bloquée dans une attente lourde, et le téléphone vibra, un nouveau message s'affichant sur l'écran. J'avançai. Je ne pouvais pas rester, je savais ce que ça signifiait, mais je l'entendis, ce petit soubresaut, cet infime bouffée d'air saccadée, et elle vient : la bourrasque émotionnelle qui me fit trébucher et lâcher mon verre sur une table. Le verre s'écrasa, s'éclata en petit morceau tandis que le liquide fuyait. J'avais réussi à me rattraper au dossier d'une chaise, sinon j'aurais fini comme ce verre, et mon ordinateur pire encore... mais le plus gênant, il me semblait, était le fait que, de toutes les tables de ce restaurant, dont toutes les tables vides, il eut fallu que cela tombe sur une table occupée. Je glissai mon regard sur la personne assise en face de moi tandis que je me redressai. Je craignais déjà les émotions que je lirai sur ce visage et qui me frapperaient en plein coeur.

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Mar 17 Oct - 0:44

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J'étais perdue dans la contemplation du monde extérieur, si paisible. Tout le monde économisait l'essence de sa voiture, de ce fait, il était rare de voir un véhicule traverser les allées. Tout était calme, tout le monde semblait de cette même humeur, similaire à la mienne. Une atmosphère lourde pesait dans le diner et jusque dans toute la ville. Nous prenions tous peu à peu conscience de notre nouvelle vie coupée du monde. Nous espérions tous pouvoir sortir un jour, espérions pouvoir retrouver nos proches, notre vie d'avant. Car personne ne pouvait le nier, ce mur invisible nous atteignait tous d'une certaine manière. Certains avaient tout leur vécu dans cette ville mais s'ils ne souffraient pas de ce manque-là, alors certaines nourritures l'étaient et d'autres différents produits. Nous n'étions plus livrés en nourriture et jusqu'à maintenant nous vivions sur nos réserves. Mais qu'en sera-t-'il à l'avenir ?

Songeuse, je remarquai à peine la jeune femme qui venait de faire irruption dans le diner. Je n'y portai pas la moindre attention. J'entendis des voix s'élever, les seuls qui couvraient la musique d'ambiance du restaurant. Je ne les écoutai cependant pas, me contentant de laisser vaquer mon esprit là où il désirait aller. Et il ne me ramenait qu'au monde extérieur, sans cesse et sans relâche. Je ne perdais pas ma motivation à sortir d'ici, ni de vue mes objectifs, mais je devais avouer que la détermination n'était pas à son plus haut point. Tout était plus bizarre ici. Etrange.
Un son fracassant m'extirpa violemment de mes pensées. Surprise, mon corps eut un léger soubresaut tandis que je me tournai vers la fautive, par réflexe, car c'était ainsi que l'on m'avait appris à le faire. Et si j'avais eu une arme sur moi, elle aurait déjà été en joue. Je constatai alors qu'il s'agissait de la jeune blonde de toute à l'heure, qui tenait fermement une sacoche d'une main et de l'autre, elle s'accrochait à une chaise. Son regard était d'abord rivé sur la table, où je découvris un verre explosé et un liquide épais s'échapper de ce qu'il restait du contenant. Le choc avait été si fort qu'il avait giclé jusque sur moi. Alors, décollant mes bras de la table je me levai et m'approchai de la jeune gaffeuse. Je ne savais pas ce qu'il se passait, mais je pouvais lire dans son regard une certaine crainte. Avait-elle peur que je lui en veuille ? Je ne l'avais jamais vu auparavant, nous ne nous connaissions pas, ce n'était certainement pas intentionnel.

Alors, m'étant rapprochée d'elle, je posai une main réconfortante sur son épaule, cherchant son regard. Est-ce que ça va ? m'enquis-je sur un ton légèrement inquiet à son égard. J'attrapai une serviette sur la table et donnai de légers coups sur mon pull qui avait reçu quelques éclaboussures de lait aromatisé. Ne t'en fais pas pour ça, ça s'en ira au lavage, la consolai-je un léger sourire au coin des lèvres.
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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Mar 17 Oct - 1:14





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Je ne m'attendais pas à ce qu'elle se lève. Pendant un court instant, je l'imaginais quitter le dinner sans m'adresser aucun mot. Mais elle n'avait pas l'air plus alarmée, et ses paroles me le confirmèrent. Son ton était rassurant, cela dit, je reculai d'un petit pas brusque lorsque sa main se posa sur mon épaule. Je craignais toujours d'entrer en contact avec les inconnus, car je n'étais jamais sûre de ce que leurs gestes renfermaient. Souvent, on pouvait sentir le mal-être dans une simple poignée de main, et cela se répercutait sur moi pendant des semaines si je n'avais pas le traitement adéquate. Je me devais de faire attention, bien que cette personne ne se montre pas particulièrement triste. C'était étonnant, car elle ne montrait pas plus que son assurance actuelle à mon égard. Elle semblait avoir mis sa vie sur pause pour me parler, et cela me poussa à lui répondre.
- Je suis désolée, m'excusai-je, je ne faisais pas attention.
C'était toujours la même justification lorsqu'un tel événement se produisait. Car que pouvais-je dire d'autre ? "Oups, j'ai été distraite par le chagrin d'une vieille femme ?" Cela me ferait passer pour la sorcière du coin, et avec l'apparition de ces altérés, mieux valait faire en sorte de paraître normal. Surtout que moi, j'avais toujours eu un truc de différent, un pouvoir qui portait le nom plus commun de 'maladie', et il m'avait toujours fallu faire en sorte de garder cela le plus secret possible. Car sinon, je n'avais plus de vie du tout. On me collerait une étiquette "cas social" et on ne me laisserait plus rien faire, alors que je m'en étais sortie jusqu'ici dans mes études de médecine.

J'osai dévisager un peu l'inconnue. Je ne la connaissais pas, elle ne devait pas être du coin, ou alors elle avait emménagé récemment. En tout cas, elle savait soigner son apparence. Elle était jolie, et hormis les tâches blanches que j'avais créées sur son haut, elle était habillée correctement et ses vêtements traçaient parfaitement ses courbes. Je relevai aussitôt les yeux. J'avais cette fâcheuse tendance à observer les gens, mais ce que je venais de faire pouvait donner le mauvais message. Elle risquait de croire que j'avais fait exprès de renverser mon verre pour attirer son attention si je continuais de la regarder ainsi. Je me raclai la gorge et désignai la table voisine, propre et libre.
- Je vais me commander un autre milkshake et prévenir la serveuse qu'il faut amener de quoi nettoyer, je peux t'offrir un autre café en contrepartie ? Encore désolée...
Je ne me sentais pas désolée, j'espérais que ma voix ne me trahissais pas. J'avais appris à simuler des émotions avec le temps, mais il était difficile de faire croire une chose à quelqu'un qu'on ne croyait pas du tout soi-même. Cette femme paraissait beaucoup trop minutieuse et confiante pour que je puisse ressentir le moindre signe de faiblesse, encore moins de colère.
La serveuse vint sans que je la prévienne, elle avait dû entendre le capharnaüm du verre qui se brise. Je lui demandai alors un nouveau milkshake et un café. Tant pis si l'autre femme n'en voulait pas, je le boirais s'il le fallait. Ou pas, d'ailleurs. Je m'en fichais bien.

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Mar 17 Oct - 10:50

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J'essuyais rapidement et sans grande douceur mon t-shirt à manche courte noir des tâches de lait mousseux. Sauf que comme je ne faisais pas ça avec la plus grande des attentions, je me rendis rapidement compte que ça ne faisait qu'empirer les choses. Je tentai le tout pour le tout en léchant mon doigt puis tentant de frotter, mais rien à y faire, le lait ne s'en irait qu'à la machine. Mais ça n'était pas grave car à vrai dire, je m'inquiétais plus pour la jeune femme que pour moi. La manière dont elle s'était retenue à la chaise évoquait qu'elle avait été proche de faire un léger malaise. La raison en revanche, je n'en avais aucune idée... Un manque de sucre ? Cela aurait été la raison pour laquelle elle aurait commandé un milkshake avec de la glace bien sucrée à l'intérieur. Puis, je chassai toutes ces réflexions de mon esprit. J'aimais tout comprendre, tout savoir, alors dans ces cas-là mon esprit de déduction filait à mille à l'heure. Je notai d'ailleurs qu'elle se recula lorsque je tentai de poser ma main sur son épaule, cherchant à éviter le contact. Sur le coup, je me sentis légèrement mal à l'aise, tout comme elle aurait dû l'être. Mais je n'en fis rien, et me contentai de la regarder un sourire léger au coin des lèvres tandis qu'elle s'excusait pour avoir été maladroite.

Puis elle posa son regard sur moi, me détaillant le temps de quelques instants. Et alors que j'aurai aimé faire de même, je me surpris à être mal à l'aise d'être épiée de la sorte. Alors, afin de ne pas la fixer avec des yeux de merlans frits, je poursuivis ma tâche inutile d'essayer d'effacer le lait de mon haut. Depuis l'apparition de cet étrange relation que j'avais avec l'électricité, j'avais perdu en assurance. J'avais toujours su faire en sorte de dissimuler toute émotion, de toujours paraître forte et inébranlable, mais depuis cela ce n'était plus le cas. Car cette force inconnue émergeait de moi sans que je ne l'ai décidé, moi qui appréciait être maître de mon destin et de ma situation. Une peur s'était éveillée en moi, celle de blesser les gens. A travers mon métier, je voulais les protéger, non pas les électrifier. Pour l'instant, ça n'était encore pas arrivé mais sait-on jamais.
Son raclement de gorge me fit relever les yeux, alors que je l'écoutai m'inviter à la table en me payant un café afin de s'excuser. Je ne lui en voulais pas, elle ne l'avait pas fait exprès. Ce genre d'inattention pouvait arriver à tout le monde et moi la première. Dans ce monde étrange, nous étions tous accaparé d'un sentiment de vertige constant à force de rester enfermé. La serveuse arriva sans que la blonde ne la demande, un torchon à la main, elle n'attendit pas avant de se mettre à la tâche de nettoyer la table. La blonde lui commanda au passage un milkshake et un café alors que je n'avais pas encore eu le temps de lui donner une réponse claire. Apparemment, je n'avais pas le choix. Mais je venais de terminer mon chocolat chaud et je devais avouer qu'une dose de caféine ne me ferait certainement pas le moindre mal. Merci, lui dis-je sur le ton de la reconnaissance. La serveuse prit note de notre commande, termina de nettoyer puis s'en alla. Je fis signe à la jeune femme de prendre place, puis je repris mon siège sous la fenêtre où se trouvait juste en dessous un chauffage qui diffusait une chaleur agréable. J'observai l'inconnue s'installer, découvrant alors ses yeux d'un bleu éclatant encadré par une longue chevelure blonde et bouclée. Elle avait décidément tout pour elle physiquement mais depuis mon arrivée à Covington, à chaque fois que je croisais le regard d'une blonde, mon coeur se serrait. Je repensais à cette nuit dont il n'en restait que des bribes dans ma mémoire, que j'avais passé aux côtés d'une blonde dont je ne me souvenais pas du nom, ni du visage, puisqu'à mon réveil, elle était de dos et je n'avais pas pris le temps de la redécouvrir une seconde fois. Une seule avait suffit. Mais depuis, j'avais peur de la recroiser, car je ne serais même pas capable de la reconnaître. Ou alors, j'espérais qu'elle m'ait oublié elle aussi... En tout cas, ce n'était certainement pas la jeune femme ne face de moi car elle n'aurait certainement pas agi de cette manière en me voyant. Du moins, j'osais l'espérer. Je m'appelle Aria, et toi ? Tu es de Covington ? la questionnai-je. Car oui, je voulais en apprendre plus sur elle. Je ne connaissais personne ici, je devais bien me faire un cercle d'amis, surtout si cette situation venait à durer plus longtemps que prévu.
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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Mar 17 Oct - 12:05





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Je m'assis en face d'elle en tâchant d'ignorer le malaise que j'avais installé. Je ressentais une certaine gêne et je savais que j'avais mal agi. Certaines choses m'échappaient parfois, car je miroitais des émotions lambdas et je n'étais jamais certaine de savoir comment agir envers quelqu'un. Je posai mon ordinateur sur la table et le sortis de sa pochette. Je l'ouvris et le mis en marche. En attendant, j'obversai l'extérieur pour essayer de concentrer mon esprit sur autre chose que les émotions de la femme en face de moi. Je détestais ma particularité éponge, j'aurais aimé pouvoir ressentir par moi-même, et non me prendre en pleine face les joies et malheurs des autres. Elle me donna son nom et je la dévisageai pour coller ce nom à ce visage. Je me disais toujours que les gens pouvaient s'appeler autrement, tout comme je trouvais mon nom étonnant, comme s'il y avait un autre nom derrière, quelque chose qui sonnait mieux, qui claquait, non un prénom avec tant de voyelles.
- Eirian, répondis-je finalement, car je n'avais pas d'autre nom que celui-ci. J'ai toujours vécu à Covington. Il ne me semble pas t'avoir déjà croisée, tu n'est pas du coin, n'est-ce pas ?
Il y avait beaucoup d'habitant à Covington, mais on arrivait quand même à se connaître au moins de vue les uns les autres. Je connaissais surtout ma génération, car on avait été à l'école ensemble, ou alors on s'était rencontré à l'université. Mais cette femme, qui semblait avoir à peu près le même âge que moi, je ne l'avais jamais vue.

Je me serais souvenue d'elle si je l'avais déjà vue par le passé. Elle avait une attitude particulière, des gestes précis comparés à ma maladresse. Et ses émotions, son visage, ne me laissaient pas percevoir loin. Pour l'instant, cette femme restait un mystère, tandis que précédemment, j'avais ressenti la vie de la femme au téléphone basculer en un instant.
L'écran de mon ordinateur scintillant, je tapai mon mot de passe et laissai s'afficher le bureau. Je ne pensais pas discuter avec qui que ce soit aujourd'hui, et je n'en étais pas contre, mais il me faudrait tout de même finir mon travail à un moment donné. Je me connectai au wi-fi du dinner et relevai la tête, offrant un sourire attentif à la femme en face de moi pour ne pas qu'elle croit que je la délaissais.
- Je suis venue ici pour terminer un travail, mais ça peut attendre, déclarai-je.
Je ne voulais pas me montrer plus impolie envers elle que je ne l'avais déjà fait.

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Mar 17 Oct - 17:42

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En nous installant, la jeune femme avait pris le siège en face de moi et posa sa sacoche sur la table. Elle en sortit quelques secondes plus tard un ordinateur portable, qu'elle posa face à elle et qu'elle ouvrit. Elle appuya sur un bouton, puis attendit. Je me demandai si mes efforts afin de réchauffer cet atmosphère froide entre nous étaient vains. Car si elle décidait ainsi de se cacher derrière son écran, je craignais que nous n'allions pas beaucoup discuter et que la situation n'irait qu'en se dégradant. Mais d'un autre côté, elle m'avait invité à se faire excuser autour d'une nouvelle boisson. Cela montrait tout de même qu'elle faisait preuve de bon sens et que même une fois mon café servi, elle ne m'ignorerait pas non ? Du moins, je l'espérais. Car sinon, le léger malaise qui nous enveloppait déjà risquerait de peser encore plus lourd que je ne l'aurais pensé...
Alors, attendant probablement que son ordinateur s'allume, elle me répondit. Eirian était son prénom et elle avait toujours vécu ici. Alors, même si elle ne pouvait plus sortir, certainement qu'elle n'était pas vraiment dérangée par tous ces chamboulements... Elle était coincée dans cette ville où elle avait toute sa vie, c'était pas mal non ? J'aurais aimé être sans son cas, moi aussi. Ne pas être déboussolée, totalement perdue et seule.
-En effet, tu as raison. Je ne viens pas d'ici... A vrai dire, je n'avais quasiment jamais mis les pieds à Covington et il suffit d'une fois... Pour que j'y reste coincée, soupirai-je malgré moi sous un air de déception. Cette ville était jolie, mais la simple idée de m'y savoir enfermée me donnait l'impression d'étouffer et de vivre en prison. Avais-je commis quelque chose de mal pour que mon destin en ait décidé ainsi ? Il me semblait avoir tout fait pour que mon avenir soit tel que je le désirais. Mais visiblement, ça n'était pas assez...
Eirian retourna à son ordinateur, tapotant déjà des lettres sur son clavier. Ne voulant pas l'observer en attente que son attention revienne à moi, je jetai encore une fois un regard vers l'extérieur qui n'avait pas changé d'un poil. Toujours aussi calme, tranquille. La brise chatouillait les branches des arbres et le ciel était toujours aussi gris. J'avais espoir en la blonde pour qu'elle remonte un peu le moral de cette journée morose, mais jusqu'à maintenant, c'était mal parti.
Jusqu'au moment son regard dépassa celui de son écran, ainsi que son sourire. Aussitôt, je me sentis soulagée et l'atmosphère plus détendue. Elle m'expliqua qu'elle avait un travail à rendre qu'elle devrait terminer et alors je compris et mes doutes s'envolèrent. Ma curiosité légendaire s'empara de moi. Pas de problème, je comprends. De quoi parle ton travail ? C'était une manière comme une autre d'engager la conversation. Car j'avais envie d'en savoir plus sur elle, pas seulement son prénom. Car connaître uniquement son identité ne menait pas à grand chose... J'aimais apprendre, connaître, analyser. Déformation professionnelle peut-être, mais il me semble avoir toujours été ainsi. Puis, la serveuse arriva dans notre champ de vision accompagnée d'une tasse et d'un long verre qu'elle nous attribua accompagné d'un sourire navré quand à l'incident d'Eirian qui paraissait déjà bien loin. Je la remerciai d'un geste de la tête et pris ma tasse, la gardant entre mes mains afin de les réchauffer. Cette sensation était agréable, cette douce chaleur qui se répandait petit à petit dans tout mon corps. C'était réconfortant, par ces journées moroses.
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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Mer 18 Oct - 0:07





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La serveuse posa les deux boissons sur la table, me coupant dans mon élan de réponse. Je n'avais rien dit lorsqu'Aria avait déclaré ne pas connaître la ville, car je m'en doutais. Les gens qui vivaient ici depuis des décennies portaient toujours avec eux cette bribe de mélancolie du même lieu des années auparavant, ou de lassitude face au présent et à ces lieux qui semblaient n'avoir pas changés. Je n'avais jamais cherché à partir moi-même, je n'en avais jamais eu de raison. J'en avais voulu à mon père après l'enterrement de ma mère, car il m'en voulait lui-même d'avoir été apte à comprendre son infidélité, de ne pas avoir été une enfant comme les autres. Mais je n'y pouvais rien, et c'était lorsque je me retrouvais seule avec mon père que je regrettais le plus de ne pas être normale, car je sentais bien la gêne que ma maladie provoquait chez mon père, une forme d'aversion qui s'affaissait sur moi et rendait mon foyer étouffant. Alors, quand Ceb m'avait proposé d'emménager avec lui après le lycée, j'avais bien sûr accepté. Il avait choisi pour moi un petit appartement près du campus de Covington. Il avait tout fait pour moi, car j'étais bien la dernière personne à avoir voulu rester auprès de lui malgré la maladie.

Maladie que, d'ailleurs, je croisais encore chaque jour à l'hôpital. Sur mon écran d'ordinateur, en ce moment même, une forme de maladie s'affichait. On pouvait voir un drôle de schéma qui de loin paraitraît incompréhensible si, en s'approchant, on ne pouvait pas reconnaître l'appareil reproducteur féminin. Plusieurs images similaires se succédaient et je dézoomai pour obtenir un plan de tous les schéma. Six schémas. J'oubliai un instant mon milkshake pour tourner mon ordinateur vers Aria.
- , expliquai-je en pointant du doigt le premier schéma en haut à gauche, est l'état actuel schématisé d'une femme enceinte de trois mois présentant un fibrome se développant au sein du myomètre. Chaque mois, le bébé grandit, tout comme la tumeur. La femme souhaite mener à bien sa grossesse. Il nous faut trouver le moyen de traiter le fibrome tout en préservant la santé du bébé et de la mère.
J'avais un peu trop parlé sans penser à éclairer le sujet. D'ailleurs, je réalisai que je n'avais même pas dit ce que je faisais... j'enchaînais les gaffes. J'avais si bien pris l'habitude de me concentrer pour repousser les émotions que j'oubliais souvent les choses les plus simples, comme la simplicité lors d'un échange commun avec un inconnu.
- Je suis interne en gynécologie, ajoutai-je avec maladresse, ne sachant plus comment agir.
J'avais du mal à me concentrer avec cette femme en face de moi, car ma curiosité poussait toujours ma raison pour aller essayer de comprendre les émotions d'Aria. J'attirai mon verre à moi et glissai la paille entre mes lèvres pour me rafraîchir l'esprit à coup de lait fouetté.

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Mer 18 Oct - 0:28

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Ca pouvait peut-être paraître banal, mais j'avais réellement envie de savoir ce qu'elle faisait. Eirian avait certainement plus de chance que moi: elle disait avoir toujours vécu à Covington. Elle y avait donc fait toute sa scolarité, tous ses amis, toute sa famille, et son travail pour autant qu'elle ne soit plus en étude. Elle avait tout ici, le mur ne lui changeait rien. Contrairement à moi, qui avait été brusquement coupée de mon monde, projetée dans un nouveau dont je ne connaissais rien. Et s'il y avait une chose que je détestais bel et bien, c'était l'inconnu. Il n'y avait qu'à voir: lorsque ma soeur était partie de la maison, j'avais fait tout mon possible pour la retrouver -enfin de part les capacités que j'avais à 10 ans- sans pour autant trop m'éloigner de ma ville. Car je préférais rester dans les endroits que je connaissais... J'aurais aimé fuir avec elle. Sur le coup, si jeune et immature, je la détestais pour ne pas m'avoir emportée avec elle. Mais j'ai rapidement compris que nous n'aurions pas pu laisser notre mère seule. Alors j'ai pris mes responsabilités, songeant à cet égoïsme puérile dont j'aurai pu faire part. Je ne voulais pas être ainsi. Je voulais servir, aider ceux que j'aimais. Alors j'avais pris les choses en main, alors que Thalia nous avait abandonné lâchement, sans prévenir, tout aussi brusquement que Papa était parti. Je n'avais rien pu faire... Un matin, une lettre, un vide immense dans nos vies.

Eirian décida de m'expliquer ce qu'elle faisait de manière... Cocace et professionnelle. Elle tourna son écran dans ma direction. Ainsi, je peux découvrir plusieurs schémas similaires. Sur certains des couleurs, qui variaient, alors que je peinais au départ à trouver à quoi ça ressemblait. Puis, aidée par les indications de la blonde, je compris qu'il s'agissait de l'appareil reproducteur féminin. Mais ses explications ne m'aidèrent pas plus... Elle utilisa des termes techniques et je crus comprendre à la fin la chose. Une femme atteinte du cancer, mais bel et bien enceinte... Une situation délicate. Dans ce genre de cas, il fallait faire un choix, ou trouver une solution. Mais le choix était crucial et la solution compliquée... Visiblement, c'était sur cela que se penchait Eirian. La solution.
Se rendant compte qu'elle s'était laissée emporter par ses explications, elle finit par préciser qu'elle était gynécologue à l'hôpital de la ville. C'était un métier peu courant, mais indispensable. C'était intéressant de l'entendre parler, évoquer ses connaissances, même si la médecine n'était clairement pas mon domaine. On sentait la pratique et la passion parler. Car gynécologue, c'est comme policière, c'est un métier qui se mêle à la passion. Semblant confuse, Eirian retourna à l'attention de son milkshake, le regard fuyant. C'est une sacré problématique, déclarai-je en ignorant sa confusion. Est-il vraiment possible d'administrer un traitement à la mère sans en affecter le foetus ? Car là était toute la question délicate. Et même si je n'y connaissais rien, j'avais envie de saisir la problématique. Je ne pourrais pas aider Eirian à trouver la solution, mais peut-être pourrais-je l'aider à ouvrir d'autres voies de réflexion. J'étais comme ça, lorsqu'on me parlait d'un sujet, que je sois incollable ou pas, j'appréciais me plonger dedans afin de mieux le comprendre. Buvant une gorgée de café, je continuais d'observer l'écran d'ordinateur, cherchant à déchiffrer les schémas.
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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Mer 18 Oct - 1:27





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Elle ne semblait pas dérangée par le sujet que j'avais lancé. Au contraire, elle s'était mise à réfléchir avec moi. Sa question était celle que nous nous posions tous à l'hôpital, et nous allions chacun proposer une solution demain. La solution jugée la meilleure par notre mentor sera mise en pratique. Cela paraissait à un jeu, une compétition entre nous, mais je ne le prenais pas du tout ainsi. Les vies d'une femme et de son enfant reposaient sur nous, les internes, et je tenais toujours à fournir la meilleure solution possible. Cela demandait beaucoup de recherches et de réflexion, mais si ce temps accordé pouvait sauver des vies, alors cela en valait la peine. Par ailleurs, ce travail de réflexion me permettait souvent de m'évader du monde émotionnel. A l'hôpital, avec les patients, c'était rarement la joie, et en fin de compte les meilleurs moments de mon travail était les opérations pendant lesquelles le patient était endormi, ou ces temps de recherche en solitaire. Evidemment, dans le cas présent, je n'étais pas seule, et je n'étais donc pas certaine de pouvoir me concentrer pleinement sur le sujet.

Il y avait quelque chose à son sujet, une émotion contagieuse, une sorte d'apaisement dans la réflexion, de besoin de réfléchir sur tout et n'importe quoi, comme je le faisais souvent moi-même en guise de diversion. Je me demandais ce qu'elle faisait pour vouloir s'immiscer dans la première enquête venue. Elle était jeune, peut-être était-elle encore dans les études elle-même... comme moi, en quelque sorte. J'avais un métier qui me permettait de terminer ma formation. Ma spécialisation était récente et était survenue plus tôt que prévu dans mon cursus puisque l'hôpital avait besoin de personnel en gynécologie et que ma mère avait fut un temps fait partie de l'obstétrique. Comme quoi, j'avais bien fait de ne pas quitter la ville, j'aurais perdu un petit avantage... même si ma mère était morte trop tôt pour m'aider à atteindre mon point actuel. J'avais moi-même décidé de mon avenir et avais tout fait pour y parvenir. Mais je n'en ressentais aucune fierté, au contraire de ce que certains pouvaient penser. Il faudrait que quelqu'un ressente cette fierté à mon égard pour que je sois fière de moi, et ce n'était pas mon père qui allait l'être.

Je lâchai ma paille. Le verre était déjà à moitié vide. Je devais me reconcentrer sur les schémas, même si une autre question me taraudait l'esprit. Alors, je décidai d'en finir vite avec le sujet actuel pour en lancer un nouveau.
- C'est utopique. On cherche surtout à minimiser les dégâts. Le meilleur scénario serait l'infertilité de la mère suite à son accouchement, mais là encore, il nous faut parvenir à préserver l'enfant en empêchant la croissance du fibrome dans les mois à venir.
Et j'enchaînai aussitôt avec ma question :
- Tu m'as l'air intéressée. Tu fais quoi ?
Je doutais de l'entendre répondre médecine, car elle ne semblait pas avoir compris tous mes mots, mais elle devait être dans un domaine lié au savoir, à la quête de savoir, d'informations, car jusqu'ici elle m'en avait extirpé de bien utiles... tandis que je ne lui avais quasiment rien demandé ! Cela devait changer. Je devais aussi en apprendre plus sur elle.

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Jeu 19 Oct - 13:01

MoodAria & Eirian
Certains n’auraient peut-être pas apprécié que je les questionne à ce sujet, que je m’interroge de manière pouvant paraître intrusive. Tandis que d’autres, au contraire, devaient aimer être au centre de l’attention. C’était également ce que je tentais de percevoir avec Eirian, cherchant ce qu’elle ressentait, mais cela semblait plus compliqué que je ne le pensais. Mon but là n’était pas d’en apprendre plus sur elle personnellement, mes questions venaient vraiment d’une bonne intention et heureusement, elle ne parut pas se braquer et se vexer face à ces questions. Et je trouvais son métier d’autant plus intéressant. Gynécologue, s’occuper des enfants et de leur mère, est quelque chose que jamais je ne pourrais faire. Je n’étais pas de ce monde, j’aimais protéger les gens également mais pas de cette manière-là.
Alors, la blonde me répondit que cette solution tant recherchée est utopique. Dans tous les cas, aucun que ce soit l’enfant ou la mère n’en ressortira indemne. Cela devait être une terrible situation, je n’osais même pas y penser. Ressentir le bonheur d’être une mère, de pouvoir faire naître un enfant, devait être la plus belle chose qu’il soit. Chose que normalement je ne pourrai jamais ressentir sans l’aide de la science. Mais là n’était pas la question… Cette femme était tombée enceinte sans avoir connaissance de sa maladie et désormais elle devait faire des choix, des choix qui la pénaliseront personnellement ou son enfant. Dans ma formation, on m’avait habituée à prendre des choix rapidement, à peser le pour et le contre et en quelques secondes, tirer ou non, sauver une vie ou en arracher une. Mais là, c’était tout autre… Je ne saurais même pas ce que je ferai à sa place.
J’avais presque terminé mon café lorsqu’elle me retourna la question. Que fais-je dans ma vie ? A l’heure actuelle, rien du tout. Je n’attends qu’une chose et c’est de m’enfuir loin de cette bulle qui me bloque dans mes projets d’avenir. Alors, je soupirai, un air de mélancolie s’enprit de moi à l’idée tout ce que j’avais laissé derrière moins, involontairement. J’avais dû faire un choix ce soir-là et ce n’était pas le bon. J’avais laissé mes sentiments me conquérir et dicter mes actes, sans laisser de place à la raison. Je regrettais aujourd’hui. Je ne pouvais m’en prendre qu’à moi…
-J’étais en train de terminer une école, derrière le mur, déclarai-je en jetant un regard distrait à l’extérieur. Je voudrais devenir agent de police, si mon avenir me permettait de sortir un jour de cette prison.
Prison dans laquelle je m’étais enfermée de mon propre chef. Mais vu l’avancée de mes études, peut-être que le commissariat de police de Covington serait d’accord de m’engager ? Avec les temps qui courent, ils ne refuseraient certainement pas des mains en plus. Les gens étaient paniqués, et le stress provoquait à la population des agissements parfois malfaisants. J’avais espoir en cela, en espérant du moins que je ne finisse pas par servir les cafés lors de la pause telle une vraie stagiaire… Mes études aboutissaient et j’avais tout pour réussir, sauf le papier qui témoignait de mes compétences.
-Je n’y connais rien à la médecine, mais dans un sens, nous nous vouons à la même vocation toutes les deux, fis-je en revenant à son attention, décrochant un léger sourire sur mon visage afin de détendre l’atmosphère. Protéger la population.

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Ven 20 Oct - 22:07





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Aria était l'une de ces personnes avec un avenir. Elle avait une vie au-delà des frontières de la ville, des études, et je me demandai comment j'aurais fait si j'avais été à sa place, coincée dans une ville que je ne connaissais pas. Ici, je pouvais m'occuper avec mon travail, mais cela ne sera bientôt plus possible puisque ma réserve de médicaments disparaissait peu à peu... en fin de compte, peu importait l'endroit où je me trouvais, le même problème se posait. Car pour finir mon internat et devenir gynécologue indépendante, il me fallait ces médicaments. Je n'avais aucun autre moyen de gérer ce problème, je reflétais tout ce qui passait, que je sois ici ou ailleurs. Mais je pouvais comprendre Aria. Je pouvais comprendre le fait qu'elle soit perdue ici, loin de chez elle, loin d'une possible famille, d'un homme, ou d'une femme, ou encore de parents et de frères et soeurs. Je ne connaissais pas encore grand chose sur elle et j'imaginais déjà toutes sortes de scénarios sur sa vie. Elle ajouta quelques mots de plus, sur la similarité de nos vocations, m'offrant un sourire qui m'en arracha un aussi.

Elle pensait réellement que nos futurs métiers se ressemblaient, mais je les trouvais plutôt différents. Elle, en tant que policière, se mettrait en danger chaque jour, tandis que je resterais dans mon cabinet. J'espérais avoir un cabinet privé plus tard, car autant travailler à l'hôpital ne me dérangeait pas en soi, autant le nombre conséquent de personnes faisaient déborder mon vase d'émotions.
- Je ne protège pas vraiment les gens. Toi, tu dois pouvoir te mettre réellement en danger pour eux. Moi, la plupart du temps, je m'occupe de cas mineurs. Je reçois des femmes dans un bureau clos, tous stores abaissés, et elles me racontent leurs peines : la crainte d'une ado après sa première fois, l'angoisse d'une femme qui n'arrive pas à tomber enceinte, le traumatisme d'une victime d'attouchements... je les examine et fais de mon mieux pour les rassurer. Mais tout ce que je peux faire pour elles au fond, c'est leur prescrire des traitements... et encore, je ne suis qu'interne.
Ce n'était pas non plus facile d'écouter les angoisses de toutes ces femmes, car évidemment elles retombaient sur moi, et c'était pour ce travail-là que je ne pouvais me permettre d'oublier de prendre mes cachets. Un jour, une adolescente est venue me voir pour que je l'examine et lui dise s'il y avait quelque chose. Elle ne savait pas ce que je devais chercher, mais je sentais que quelque chose de grave lui était arrivé. Je le sentais à mon coeur qui se serrait un peu plus à chaque seconde passée avec cette jeune fille.
Et maintenant, je ne ressentais plus rien de cela. Mes souvenirs mêmes n'étaient pas capables de m'amener des émotions. Je terminai mon milkshake rapidement et le reposai. Jetant un oeil à mon ordinateur, je sus que je ne serai pas capable de me concentrer là-dessus avec Aria en face de moi, alors je le refermais.
- Je finirai après, précisai-je. Je cherchai un autre sujet de conversation, mais je n'étais pas vraiment douée pour la cohérence, alors je me contentai de poser une question pour en savoir un peu plus sur elle : t'as quelqu'un dehors ?

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Ven 20 Oct - 22:33

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Apparemment, Eirian n'était pas du même avis que moi concernant nos métiers respectifs. Elle les trouvait différents car moi, je devais me mettre en danger pour sauver la population. Elle, elle restait bien au chaud dans son cabinet à examiner ses patientes. Mais ces instants ne devaient pas être de tout repos. Ils devaient certainement même être très éprouvant, autant pour la patiente que la médecin. Les exemples qu'elle me donna étaient assez évocateurs, et c'est dans ces moments que l'on se rend compte à quel point certaines femmes pouvaient être brisées. Puis, elle avait raison. Il fallait du courage pour être policier. Il ne fallait pas avoir froid aux yeux, il fallait réfléchir vite, créer des tactiques, être rapide. Mais parfois, notre devoir était également de rassurer. Si on devait sauver quelqu'un, retrouver une personne kidnappée, ou que sais-je. Mais c'était tout cela qui me plaisait: l'adrénaline. Le fait de vivre dangereusement. Et je savais que Rae n'était pas toujours d'accord avec ça. Je n'avais pas encore participé à de réelles missions, mais quand je lui ressassais mes cours, elle avait peur pour moi. Peur qu'il m'arrive quelque chose... Mais aujourd'hui, je me demande s'il ne s'agit pas d'autres mensonges, encore une fois. Je me demandais si elle tenait réellement à moi, ou si j'étais juste un trophée pour elle, une femme sans intérêt.
Eirian termina son milkshake et mit son ordinateur de côté, m'expliqua qu'elle continuerait plus tard. J'appréciai ce geste, car par là, elle me montrait un certain intérêt et une certaine envie de discuter avec moi, contrairement à ce que j'avais pu percevoir au début. J'esquissai un sourire, comprenant que je n'allais pas pouvoir lui tenir la jambe tout l'après-midi. Elle avait son travail ici, contrairement à moi, et je ne voulais pas l'empêcher de faire ce qu'elle avait à faire. Mais j'appréciais rencontrer des nouvelles personnes et passer du temps avec elle, parler de tout et de rien, jusqu'à ce qu'elle évoque mes relations.

Mon regard se noya dans ma tasse à café. La seule personne qui me restait, hormis des amis, était Rae. Mes parents étaient décédés depuis plusieurs années, ma soeur n'a plus donné signe de vie depuis plus de dix ans... Seule Rae avait été là, comblant ce vide qui s'emparait peu à peu de mon coeur. Mais désormais, ces ténèbres me gagnaient à nouveau, irréversiblement. En réalité, que je sois enfermée ou non, je n'avais plus personne. J'étais totalement seule. Et mon coeur se serra à cette pensée.
-C'est compliqué... soufflai-je. Puis je me repris, refusant évoquer Rae: Enfin, à par quelques amis, il ne me reste plus personne. Je fixais ma tasse à café, gardant la poignée entre mes doigts, remuant le liquide devenu tiède. Je finis par le vider d'une traite, appréciant la caféine qui remontait dans mon organisme. En fin de compte, que je sois ici ou ailleurs, cela ne change pas grand chose... A nouveau, je me rendis compte de mon état nostalgique et repris plus de consistance, ne voulant pas m'abattre. Déjà car ce n'était pas mon genre et également parce que je ne voulais pas qu'Eirian me voit ainsi. Je n'avais pas à lui livrer tous mes malheurs, il n'en voulait certainement pas. Et toi alors ? Je pense que la plupart de tes connaissances sont ici, non ?

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Ven 20 Oct - 23:00





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Alors comme ça, elle n'avait plus personne hormis quelques amis... cela sonnait faux. D'autant plus faux que mon coeur me fit atrocement mal pendant un instant, et je sursautai, surprise par cette vague de peine. Je détournai immédiatement le regard et regardai dehors, me concentrant sur tout objet matériel qui me tomba sous les yeux. Un objet, sans émotions. Je pris un moment à revenir sur Aria. Je craignais de ressentir cette douleur à nouveau, cette douleur que je ne connaissais pas moi-même. Chaque émotion était unique d'une personne à une autre, et quand bien même je parvenais plus ou moins à les identifier, la douleur d'Aria était particulière. Une coupure récente au coeur. Je me souvins de la peur de Ceb de me voir partir du jour au lendemain, sans jamais revenir à lui alors qu'il vivait ses derniers mois dans notre monde. C'est peut-être pour ça que je n'avais pas réussi à le quitter, car au fond, je ne l'aimais pas vraiment, mais je savais que je l'aurais aimé si j'avais été normale, et que j'aurais certainement eu une douleur similaire à celle d'Aria après la mort de Ceb.

Elle cachait quelque chose, mais si elle ne voulait pas me le dire maintenant, alors il me fallait attendre. Je respectais son silence même si ce que j'avais ressenti venant d'elle m'avait déjà bien éclairée sur la question. Et puis, elle me retournait la question, et puisque je la lui avais posée en première, je ne pouvais éviter de répondre. De mon côté, je n'avais aucun intérêt de mentir. Je n'avais pas d'émotion filtre pour me dire que ça n'était pas correct. Je préservais mes informations seulement lorsqu'un individu me semblait louche, mais Aria me semblait décente. Non pas que je sois une très bonne détective...
- J'ai des connaissances, oui... mais plus de famille. Ma mère est morte lorsque j'étais ado, mon père s'est remarié et a déménagé ailleurs, et je n'ai pas de frère et soeur.
Je ne comptais pas la nouvelle famille de mon père, car le souvenir du cimetière était encore ancré dans mon esprit. Il trompait ma mère bien avant sa mort et avait été en quelque sorte soulagé par la mort de celle-ci, car il n'aurait jamais à assumer son acte. Il pouvait tranquillement aller refaire sa vie... je ne lui en voulais pas, mais je savais que ce qu'il avait fait n'était pas correct, et qu'une personne normale lui en voudrait. Alors je faisais comme si je lui en voulais et allais très rarement le voir. Au moins, la situation présente de la ville me donnait une bonne raison de ne pas aller le voir. A l'époque du lycée, j'avais Ceb pour éviter un peu mon père, cela m'avait permis de tenir quelque distance avec lui. Ceb...
- Je suis fiancée, ajoutai-je en repensant à lui et au jour de nos fiançailles.
Cela lui avait tellement tenu à coeur de me demander ma main pour rien, juste comme ça, sachant pertinemment qu'on ne se marierait jamais, que je n'avais pas réussi à refuser. Ce qu'il voulait, je le voulais aussi.
Je redressai le regard et offris un sourire rassurant à Aria en espérant ne plus ressentir de douleur venant d'elle, mais le sujet semblait trop complexe pour être résolu par un simple sourire.

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Ven 20 Oct - 23:39

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En réalité, je n'aurais pas pensé que la blonde s'intéresse à mes relations hors des murs. Est-ce que cela l'intéressait vraiment ? Comme elle avait posé la question, changeant carrément du sujet précédent, tout portait à croire que oui. Alors que moi, eh bien je m'efforçais à ne pas y penser. Oublier le plus possible ma vie d'avant et toute la douleur qu'elle comprenait. Que la peine vienne de la perte de mes parents de l'abandon de Thalia ou de la trahison de Rae. Tous mes êtres chers m'avaient quitté et livrée à moi-même. Je me sentais délaissée et plus mes pensées allaient et plus je me rendais compte que ce soit une très bonne chose que ce mur soit-là. J'espérais qu'il favorise l'entraide entre les gens, et non la violence et le chaos. Pour l'instant, il était encore trop tôt pour le dire...
Eirian me fit par de sa famille, ou du moins ce qui lui en restait. Elle aussi avait perdu sa mère, et son père avait fui, tout comme Thalia à priori. Elle n'avait pas de frère ni de soeur, et peut-être pouvait-elle penser qu'il s'agissait d'un désavantage pour elle, ça ne l'était pas pour moi. De mon point de vue, il s'agit simplement d'une souffrance supplémentaire dont j'aurai aimé me séparer, si je l'avais pu..

Puis, ces mots vinrent, et elle déclara être fiancée. Alors, mon regard se reposa sur elle, l'air interrogateur. Elle ne disait pas cela avec la plus grande des réjouissances. Toutes les personnes fiancées que j'avais rencontré se réjouissaient de s'unir pour le meilleur et pour le pire. Mais de sa voix ne s'émanait aucune joie, aucune tristesse non plus. Elle avait dit cela simplement, d'une voix monotone, comme si elle m'annonçait qu'elle allait acheter du pain. Je ne comprenais pas ce qui valait de tels mots, ce que cela comportait pour elle. Etait-ce un mariage arrangé ? N'était-elle pas certaine d'aimer son fiancé ? Alors, comme pour me rassurer, elle m'adressa un sourire. Sauf que je ne savais comment rebondir sur une telle information, la surprise m'avait accaparée. Ce qui devait être une bonne nouvelle ne semblait pas l'être aux yeux d'Eirian, ce qui me mit dans une situation délicate.
-J'ai perdu mes parents moi aussi, il y a plusieurs années de cela, déclarai-je sur un ton qui tentait de dissimuler sa mélancolie. Je sais ce que ça fait. Comme elle s'était livrée à moi en m'offrant passablement de détails sur sa vie, je décidai d'en faire de même, moi qui préférais ne pas trop parler de ma vie en temps normal. Et ton fiancé... Est ici ? En ville ? Ou de l'autre côté ? En parlant de côté, je pensais à l'autre côté du mur. Et non l'autre côté de la réalité, l'au-delà, car c'était là qu'il était réellement. Mais je n'avais pas pensé à cela, car selon ma logique, elle ne pouvait être fiancée avec quelqu'un qui n'était plus du monde des vivants...
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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Sam 21 Oct - 0:22





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Comme quoi, il y avait plus de similarités entre nous que je ne le pensais. Elle me parlait de sa famille, ses parents décédés, me disant qu'elle pouvait comprendre ma peine, mais là était l'ennui, je ne savais pas ce que cela faisait, à son contraire, car j'étais une coquille vide, incapable de toute émotion, et me laissais remplir par les émotions des autres. Je sentais bien qu'Aria avait souffert de toutes ces pertes, et il y avait encore là-dedans quelque chose qui me troublait. Des non-dits. Aria avait perdu plus, Aria avait été blessée par plus. Mais je ne pouvais pas simplement lui demander qui elle avait perdu, qui l'avait blessée, car je craignais de ressentir encore cette douleur que je ne savais pas gérer. Je ne voulais pas me briser devant elle et révéler ainsi le cas social que j'étais : incapable de ressentir par moi-même, vouée à copier-coller les sentiments d'autrui pour le restant de ma vie. Car ça ne changerait jamais, n'est-ce pas ? Ce qui se passait dans ma tête, c'était un rouage cassé qui tentait de tourner sans succès. On ne pouvait pas le réparer. On avait essayé. Aucun traitement n'avait fonctionné. Et puis, que ferais-je le jour où des sentiments me viendraient brusquement ? J'avais l'habitude d'être vide dans ma solitude, je ne savais pas comment traiter tout ça... cela ferait mal. Très mal. Mon passé resurgirait et je ressentirais tout d'un coup.

Je ne pouvais voir le bout de ce problème moi-même, alors je le mis à nouveau de côté. De toute façon, je ne pouvais pas m'étaler là-dessus, Aria  me posait déjà une nouvelle question, et je me redressai en sentant le doute planer. En effet... je n'avais rien précisé au sujet de Ceb. Je laissais beaucoup trop mes pensées divaguer et j'oubliais de dire les choses importantes. Je n'étais plus vraiment fiancée... même si dans ma tête, c'était tout comme. Je n'avais eu personne depuis Ceb, je n'en avais pas ressenti le besoin, puisque je ne ressentais rien moi-même, et le peu de personnes qui m'avaient abordée dans un but sexuel ou amoureux avaient trouvé le moyen de me dégoûter. Quand on sait ce que les gens ressentent la première fois qu'ils vous voient... ça peut aisément devenir gênant... et je détestais ressentir des émotions détachées, portées hors de la raison, aux premiers abords. Nous n'étions pas des animaux. Si ?
Ceb, lui, me considérait comme la meilleure des personnes. C'est pour ça qu'il a tout fait pour moi jusqu'à la fin. Même si je l'attirais beaucoup, et que j'aurais pu me laisser aller à cette attirance, il n'avait jamais rien tenté au-delà d'un baiser, craignant bien trop de me laisser sa maladie par accident, car sa mère l'avait attrapée de cette façon. Un accident. Une fois. Un inconnu. Un préservatif qui craque. Et votre famille est maudite pour les générations à venir.
- Mon fiancé est en ville, dis-je simplement, et j'appelai la serveuse qui passait par là pour commander un cappuccino, au cimetière, ajoutai-je. Il est mort il y a trois ans du sida.
La serveuse arriva, un grand sourire étirant ses lèvres, et je demandai ma boisson, puis lançai un regard interrogateur à Aria.
- Tu veux autre chose ?
Je ne voyais pas le bout de notre conversation. Je n'étais pas sûre de pouvoir m'en sortir, car plus elle posait de questions, plus je répondais, et plus je voulais en poser.

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Dim 22 Oct - 21:38

MoodAria & Eirian
J'appréciais ces discussions que nous avions avec Eirian, à coeur ouvert, sans filtre. Nous nous contentions d'évoquer les faits, sans prendre position sur la vie de l'autre, d'apprendre à nous connaître alors que nous ne nous reverrions peut-être plus jamais. Car dès que le mur se lève, je serai la première dehors et ça je peux vous l'assurer. J'avais un futur à mener à bien, des projets à réaliser... Je ne pouvais pas rester ici. Malgré les beaux yeux de la blonde en face de moi, qui venait de m'annoncer qu'elle était fiancée. Je ne m'étais rien imaginé avec elle, ne pensez pas cela, de toute manière j'étais encore bien trop brisée pour accorder mon coeur brisé à quelqu'un. Il fallait que je trouve la femme qui le mériterait. Et je pensais que Rae était cette personne... Mais visiblement, à force de me donner le vertige, je me suis écrasée au sol, sans rien pour me retenir.
Puis, Eirian me déclara sur le ton le plus simple du monde, que son fiancé était bel et bien en ville, mais au cimetière. Aussitôt, je fus prise d'un état de surprise tel que j'eus du mal à dissimuler... Elle avait dit cela si aisément, comme si ça ne prenait rien en compte. Elle n'avait pas l'air triste, contrariée, désespérée, elle se contentait de faire signe à la serveuse et de commander un cappuchino devant mon visage bouche-bée. Je ne savais plus quoi dire, après m'être avancée sur un sujet délicat sans m'en être rendu compte. J'ai été trompée, elle a vécu la mort. Quel était le pire dans tout cela ? La douleur de la trahison, ou de la perte ? Risquer de croiser cette personne qui nous a fait tant de mal, ou savoir pertinemment que jamais nous ne le reverrions ?

Eirian me demanda poliment si je voulais autre chose, mais cette révélation m'avait coupé la soif. Je déclinai d'un sourire à la serveuse, afin de tenter de me redonner une certaine contenance face à la blonde. Je suivis du regard l'employée s'éloigner et retourner derrière le comptoir afin d'être sûr qu'elle soit assez loin et qu'elle ne perçoive pas notre discussion qui avait pris une tournure importante. Je suis désolée, Eirian. Ca dû être difficile pour toi... évoquai-je à court de mot dans cette situation délicate. Même si ça faisait trois années, je ne m'étais jamais réellement habituée à l'absence de mes parents dans ma vie. Ils continuaient de me manquer et inconsciemment, mon esprit attendait de les retrouver un jour. Sauf que cela n'arriverait jamais... La vie ne fait de cadeau à personne, terminai-je, pensive.
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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Dim 22 Oct - 22:52





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MoodAm I feeling what you're feeling ?



Je crus avois encore fait une gaffe quand un sentiment de gêne me traversa. Quelque chose n'allait pas. Aria n'avait pas réagi comme j'aurais pu l'imaginer si j'avais réfléchi un peu plus à mon comportement. Mais alors j'y pensais, et je me rendis compte de mon erreur. Je n'avais pas agi normalement par rapport à mon annonce. En général, quand les gens annoncent une mauvaise nouvelle, ils portent un masque de tristesse ou de mélancolie. Moi, j'avais oublié d'en mettre un, et je devais paraître vraiment bizarre à balancer la mort de mon fiancé comme ça, sans amour ni regret. Pourtant, je l'aimais Ceb ! Je l'aimais parce qu'il m'aimait. Mais il n'était plus là pour m'aimer, et plus le temps passait, plus je l'oubliais, de son physique à son amour, et par la même occasion j'oubliais ce que cela faisait d'aimer. Même mes souvenirs ne me ramenaient rien. Je devais avoir l'air bien vide, ainsi. Comme si je n'avais jamais aimé.
Je baissai le regard, faisant tête basse, le temps de laisser oublier ce petit faux pas qui avait dû me faire passer pour une folle auprès d'Aria. Pourtant, la jeune femme était réfléchie. Elle n'allait pas imaginer le pire de moi pour un petit manque de ton, non ?
Merde, comment étais-je censée agir ? J'avais fait une erreur oui, mais c'était difficile de se rappeler constamment qu'il fallait jouer des émotions pour paraître vivant. Cela me demandait beaucoup de concentration de garder ça en tête, de trouver les bons gestes, les bonnes tournures de phrase, c'est pour ça que je gardais cela pour le travail. En-dehors, je voulais simplement être moi-même, même si cela signifiait être une coquille vide.

Elle, elle s'excusait. Comme j'aurais dû le faire lorsqu'elle avait évoqué sa vie qui l'attendait à l'extérieur de la ville, comme je me devais de le faire à nouveau. Mais aucun mot ne sortit de ma bouche, car j'avais peur de dire la mauvaise chose encore une fois. Je laissai la pensée d'Aria voguer dans mon esprit. La vie ne fait de cadeau à personne, c'est bien connu. Qui était capable d'aimer était capable de souffrir, aussi je ne souffrais pas. Pas comme ça, du moins. Si dans les rues, dans les couloirs de l'hôpital, je pouvais croiser la douleur, il me suffisait d'aller me réfugier entre les murs de mon appartement pour être vide à nouveau. Peut-être qu'Aria aurait eu besoin de mon défaut en ce moment. Elle aurait été moins embêtée par la séparation, moins tracassée par sa vie soudainement brisée en deux morceaux. Un à l'extérieur, un ici. Mais je ne pouvais pas lui dire cela. Je ne savais plus quoi dire, alors j'attendis que la serveuse amène mon cappuccino en silence, laissant mon visage comme il était. Concentré sur la table pour ignorer encore une fois les émotions d'Aria. C'était peine perdue. Ses émotions venaient à moi naturellement, comme si mon coeur les aspirait.

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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Lun 23 Oct - 21:39

MoodAria & Eirian
Je sentais le malaise dans cette conversation. Je sentais que je n'étais pas à ma place. Ou que je n'y étais plus, plutôt... Alors que nous partagions nos vies à coeur ouvert, sans masque, voilà que j'avais posé la question de trop, celle qui avait créé cette tension entre nous. En même temps, elle m'avait parlé de son fiancée sans afficher une seule once de tristesse à cause de sa mort ou de réjouissance quant à son futur mariage, comment aurais-je pu deviner qu'il était décédé depuis trois ans ? Et d'ailleurs, Eirian n'était plus réellement fiancée s'il n'était plus de son monde. Je ne lui en voulais pas, je savais à quel point il était dur de faire son deuil, surtout qu'elle n'avait pas eu une vie facile non plus. Elle avait perdu sa mère jeune et son père était parti... Mais visiblement, elle était comme moi, nous avions de la chance. Nos vies furent mouvementées mais notre esprit avait tenu la route, et nous avions été capables de grandes choses elle et moi. Eirian était en voie de devenir gynécologue et moi agente de police... Notre passé de nous avait pas découragé. Au contraire, il nous avait poussé à aller de l'avant.

Un silence pesant s'était installé entre la blonde et moi. Alors qu'elle baissait son regard, le fixant sur la table lisse et clair, j'avais posé mes émeraudes sur elle, à la recherche de ce qu'elle ressentait vraiment. Mais sans l'océan de ses yeux sur moi, je n'y parvins pas. Je n'arrivais pas à la cerner, elle semblait si simple, discrète, elle m'avait parlé de son passé douloureux sans crainte et là, pourtant, cela avait dérapé. J'espérais que l'atmosphère se détende à l'arrivée de la serveuse et du cappuccino, mais ce ne fut pas le cas. Je serrai ma propre tasse vide mais encore tiède du liquide dont elle était dépourvue, ne sachant que dire. J'hésitai à m'en aller. Elle avait du travail après tout. Mais moi en revanche, je n'avais rien à faire... Et alors que j'étais venue ici en espérant me détendre, ce n'était plus vraiment le cas. Je l'observais sans un mot aucun, mes yeux remplis d'une certaine déception. Oui, j'aurai aimé que notre conversation et que notre rencontre soit plus simple. Je ne savais plus quoi dire, de peur de la blesser à nouveau.
Alors malgré moi, je me levai, délaissant ma tasse et attrapa mon sac. Je passai la lanière sur mon épaule, fis quelques pas, m'arrêtant à côté de la table, près d'Eirian. Je la regardais encore, espérant qu'elle relève ses yeux, que nos regards se rencontrent. Tu as du travail, je vais te laisser. J'attendis encore quelques instants, puis pris la direction de la sortie, les mains enfouies dans les poches de ma veste.
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MessageSujet: Re: Mood - Eirian   Lun 23 Oct - 22:57





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MoodAm I feeling what you're feeling ?



Je ne pouvais empêcher l'inévitable. Aria allait partir car elle me trouvait trop étrange. C'était un peu le cas de tout le monde, car je ne savais pas jouer la normalité à la perfection. Au travail, c'était normal d'être comme ça, sérieuse, mais en-dehors ? Les gens voulaient rencontre des gens sympathiques, rire, plaisanter avec eux, voire même compatir aux maux de l'un l'autre. Mais moi, je ne pouvais même pas compatir à mes propres mots. Je me sentis moi-même mal, terriblement gênée, alors qu'Aria rassemblait ses affaires pour partir. Je ne voulais pas la faire se sentir ainsi. J'aurais aimé discuter plus longtemps avec elle, en apprendre plus, car elle me semble être une bonne personne, mais une bonne personne qui cachait un mal profond. Elle était mystérieuse, et j'étais curieuse, mais malheureusement je n'étais pas douée pour faire connaissance. Pas étonnant qu'elle fuit après ce que je lui avais dit... j'aurais mieux fait de me taire, de ne rien dire sur moi, ou d'en dire peu, de dire des choses communes, du type 'j'aime les milkshakes, je viens souvent ici pour en boire', et non pas 'je suis fiancée à un mort'. Je n'avais pas le sens du deuil. Pour moi, Ceb était mort récemment, car je ne le manquais pas plus hier qu'aujourd'hui. Et mon travail... ç'avait semblé l'intéresser, mais peut-être l'avais-je aussi ennuyée avec mes histoires d'utérus malade.

Je ne savais plus quoi penser. Un instant tout allait bien, nous discutions simplement, et l'autre un malaise naissait entre nous et elle partait. Et bien sûr, je la laissais partir, car j'aurais eu l'impression de la harceler si j'avais été la retenir et qu'elle était une future flic.
J'avais du travail, comme elle disait, alors autant m'y remettre. Je dus attendre qu'elle s'éloigne du dinner pour laisser la coquille qu'était mon coeur se vider à nouveau. Je repris ensuite mon ordinateur, lui était encore chargé à soixante-dix pour cent. J'avais du temps devant moi. Du temps pour penser à toute autre chose qu'à cette femme. Du temps pour oublier les émotions étranges que j'avais ressenties. Je n'oubliais pas cette rencontre, seulement j'oublierai toutes les émotions qui m'avaient traversées alors. C'était ce que je pensais. Mais au-delà des apparences, ça n'était pas une rencontre commune, et alors que je reprenais mon dossier sur cet utérus malade, je n'imaginais pas un seul instant le désordre que cette rencontre allait créer en moi.

FIN.

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